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Intégration des Economies Africaines
4ème année (Maîtrise) / Sciences économiques /

Date d'ajout du coursAjouté le 12/12/2013 à 19h49min59s

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Cours ajouté par:

mamadou DIALLO
Expert en négociation et politique commerciale internationale

ucad

Dakar ( Sénégal )
Intégration des Économies Africaines: L'intégration

En réponse à l’interdépendance croissante des pays, imposée par le nouveau clivage mondial, de plus en plus d’Etats ont décidé de se lancer dans des processus d’intégration sous régionale, régionale voir continentale plus ou moins avancés. Dans cette perspective, l’unification des marchés européens semble servir d’école même si certaines organisations n’aspirent pas forcément d’aboutir à une union économique et monétaire.

Chapitre 2 :    L’INTÉGRATION

 

 

Section1DÉFINITION CONCEPTUELLE ET FORME D’INTÉGRATION

En réponse à l’interdépendance croissante des pays, imposée par le nouveau clivage mondial, de plus en plus d’Etats ont décidé de se lancer dans des processus d’intégration sous régionale, régionale voir continentale plus ou moins avancés. Dans cette perspective, l’unification des marchés européens semble servir d’école même si certaines organisations n’aspirent pas forcément d’aboutir à une union économique et monétaire.

 

I / Définition conceptuelle

A /  Intégration et coopération

a)      Intégration

Au sens étymologique l’intégration vient du latin intégral qui signifie rendre entier : c’est donc l’action de faire entrer une partie dans le tout.

La définition du concept est très contre versée, le concept étant polymorphe complexe  et dynamique. À cause de son caractère multidimensionnel l’intégration peut être définie à partir de plusieurs critères :

  • Selon la couverture géographique : l’intégration peut être sous régionale, régionale, continentale
  • Selon le degré de participation économique : l’intégration peut être partielle, sectorielle ou totale
  • Selon la méthode d’intégration des économies nationales utilisée ou retenue : l’intégration peut être active (création d’institutions communes) ou passive (baisse des barrières mutuelles), l’ouverture spontanée (guidé par les forces du marché)  ou imposée (par des mesures gouvernementales).
  • Selon l’intensité de l’intégration des économies nationales : celle-ci peut être relativement faible (zone d’échanges préférentielle, zone de libres échanges et union douanière  etc.…).
  • Selon le domaine : Exemple : pour l’UEMOA
  • dans le domaine monétaire : les pays disposent d’une institution de monnaie commune, disposent d’une même politique monétaire commune,             
  • dans le domaine commercial : l’union douanière (UD) est effective depuis le 1er janvier 2000,
  • dans le  domaine fiscal : il y a une harmonisation des régulations sur les taxes et les droits d’assises depuis 1998.

Selon BELA BALASSA : « l’intégration peut être définie soit comme un  processus,  soit comme un Etat ».

  • En tant que processus l’intégration est le processus par lequel plusieurs pays décident de constituer un même espace économique au sein duquel les obstacles aux échanges tentent à être éliminés.
  • En tant qu’Etat donné d’un système : l’intégration renvoie à un aspect caractérisé par un degré élevé de cohésion sociale, politique et économique.

b)      La coopération

C’est un accord de partenariat conclu entre deux ou plusieurs pays ou blocs régionaux dans des domaines qui sont bien spécifiés.

  • Exemple d’accord de coopération : Nord Sud en matière d’aide et de commerce : Les APE (Accord de Partenariat Economique) entre les pays de l’union européen et entre les pays africains.
  • Exemple d’accords de coopération monétaire (ACM) : ACM entre la France et les pays de l’UEMOA
  • Exemples d’accords de coopération commercial : des accords commerciaux bilatéraux signés entre les USA et une quarantaine de pays sud sahariens : La loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA) promulguée par le président Bill Clinton en 2000.

Même si les domaines d’intégration et de coopération sont multiformes, l’intégration suppose que les pays partagent un espace économique commun, ce qui n’est pas forcément le cas en matière de coopération.

En distinguant l’intégration  de la coopération, BALASSA soutenait : « si la coopération se compose d’actions ayant pour but de réduire la discrimination alors l’intégration économique en est la traduction des mesures qui amènent la suppression de la discrimination ».

À la suite de BALASSA, pour distinguer l’intégration de la coopération, MAURICE ALLAIS soutenait : « l’intégration économique consiste à coordonner les intérêts réciproques à travers l’abolissement ininterrompu des restrictions commerciales ».

B / Régionalisme et multilatéralisme

a)      Régionalisation

Elle renvoie aux développement des échanges intra zone dans le cadre d’accord régionaux de formes multiples entre des économies indépendantes et géographiquement proches, d’un point de vue purement  commerciale BOUET caractérise le régionalisme comme étant « la constitution d’accords commerciaux discriminatoire qui implique une numérisation préférentielle des marchés des pays membres et le maintien des barrières douanières plus élevé pour les pays non  membres ».

Exemples d’accords commerciaux régionaux : les ACR (Accords Commerciaux Multirégionaux), les Accord de Libre Echange Nord Américaine (ALENA).

Au delà des simples accords régionaux on peut citer les CER (Communautés Economiques Régional) : CEDEAO, UE,

b)      Le multilatéralisme (FEDERALISME)

C’est un concept utilisé dans le champ des relations internationales, il se définit comme un mode d’organisation des relations inter- Etat qui se traduit par la coopération d’au moins trois Etats dans le but d’instaurer des règles communes. D’un point de vue purement commerciale, le multilatéralisme  est définit  par BOUET comme « une forme de coopérative d’organisation des échanges internationaux qui suppose que les pays participant s’astreignent à des règles communes ».

Exemple : les accords multilatéraux sur le commerce qui font la clause de la nation la plus favorisée instituée par GATT dans son article premier et repris par l’OMC.

La clause de la nation la plus favorisée : prévoit que lorsqu’un membre concède à un Etat partenaire des avantages commerciaux spéciaux, il doit concéder les mêmes faveurs à tous les autres Etats membres de l’OMC.

Dans le domaine environnemental on pourrait citer des accords multilatéraux sur l’environnement qui visent à protéger et à restaurer l’environnement mondial et à contribuer au développement  durable.

Exemple : la convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore sauvages menacées d’extinction (il s’agit de la convention de Washington signée en 1976)

Exemple 2 : le protocole de KYOTO signé en 1997  qui durcit la convention cadre de 1992 sur le changement climatique.

En terme d’arbitrage entre régionalisme et multilatéralisme, l’économiste américain Jacob Viner soutenait que « les regroupements régionaux conduisent à une allocation non optimale des échanges à l’échelle mondiale ». Ladite affirmation soutenue peut être comprise comme un plaidoyer en faveur du multilatéralisme donc contre le régionalisme.

Quelques illustrations favorables à ce plaidoyer

  • L’OMC est le meilleur cadre de règlement des différends qui opposent les grandes puissances mondiales et se rapportant au commerce des produit agricoles.
  • Les discussions actuelles sur la pertinence ou non de l’aide du commerce accorder aux pays du Sud (aux pays pauvres) pour leur permettre de sortir de la pauvreté sont mené à l’échelle multilatérale.

En définitive même si certains analystes comme Viner sont  favorables au multilatéralisme compte tenue du concept actuel favorable à la création de globes régionaux  face à la lenteur de l’aboutissement des négociations multilatérales, les deux concepts ont tendances à se rapprocher de plus en plus.

Fort de ce constat contrairement à l’opinion selon laquelle le régionalisme serait un frein aux échanges, les statistiques révèlent que la constitution d’espaces régionaux fait plutôt progresser les échanges à la fois intra-régionaux, extrarégionaux et les échanges mondiaux.

En définitive il apparaît que la régionalisation et la croissance des échanges mondiaux interagissent positivement.

II / Les Différentes formes d’intégration par le marché

En supposant que l’intégration est quelque chose de spontané le concept consiste en la création d’un espace économique régulé spontanément par les forces du marché des différences fondamentales existant entres les auteurs en ce qui concerne la définition des différentes phases ou étapes d’intégration.

A/ Les approches néoclassiques, Marxistes et spécificité aux pays en développement

A la suite des auteurs classiques, les néoclassiques reconnaissent que la seule suppression des barrières douanières n’est plus l’aspect le plus déterminant de l’intégration économique en soutenant que le mécanisme de marché est un  outil central.

Les auteurs néoclassiques insistent sur l’importance de la coordination des politiques économiques.

Richard l’un des fondateurs de la théorie néoclassique distingue 6 phases d’intégration par ordre d’intensité croissante :

  • système tarifaire préférentiel (ZTP)
  • la zone de libre échange (ZLE): 
  • union douanière (UD) : mise en place
  • le marché commun (MC) : la libre circulation des facteur de production, des personne et des capitaux
  • l’union économique (UE) : qui renvoi à la mise en place de politique sectorielle commune.
  • intégration économique (IE) :

En soulignant l’importance des facteurs sociopolitique et la réduction des différences socio-économique dans le processus d’intégration, l’auteur marxiste : Ivo Fabinc 1992 propose la classification si après :

  • l’union commerciale ou douanière comprenant un système préférentielle et une zone de libres échanges.
  • l’union politique : la mise en place de politique sectoriel commune
  • l’union politique et économique :

Pour les pays su système du sud PUNT distingue 3 phase dans le processus :

  • l’union douanière ou zone de libre échange
  • l’union fiscale :
  • marché commun : étape suprême

 B/ Les classifications proposé par BALASSA 1962 et par ALLAIS 1972

En matière d’intégration la classification consacrée dans la littérature économique est celle proposé par Balassa qui distingue 5 degrés d’intégrations, qu’il place par ordre d’intensité croissante. Chaque degré est constitué du précédent au quel s’ajoute un élément nouveau. En synchronisant les reformes institutionnels nécessaires au processus d’intégration formulé par Balassa on obtient :

Degrés d’intégration

Mesures d’élimination des discriminations

Elimination des tarifs et quotas

Tarif Extérieur Commun (TEC)

Libre circulation des facteurs de productions

Harmonisation de la politique économique

Unification politique et institutionnelle

1. ZLE

      X

 

 

    

 

2. UD

      X

      X

 

 

 

3. MC

      X

      X

      X

     

 

4. UE

      X

      X

      X

      X

     

5. UP

      X

      X

      X

      X

      X

 

  • ZLE (Zone de Libres Echanges)
  • UD  (Union Douanières)
  • MC  (Marché Commun)
  • UE   (Union Economique)
  • UP    (Union Politique)

Les 5 degré d’intégration proposés par BALASSA :

  • La ZLE encore qualifier d’union tarifaire, la ZLE est un accord qui profite l’abolition progressive des barrières au commerce intra régional et extra régional et le maintient des politiques commerciales indépendant vis-à-vis des pays tiers.

Une zone de libre échange dispose idéalement d’un tarif zéro entre les pays membres. Il est nécessaire dans ce cas d’établir un certificat d’origine (nationalité des produits) pour bénéficier de la politique tarifaire régionale.

Exemple : l’ALENA, l’AELE

  • L’UD : c’est l’établissement d’un tarif extérieur commun qui distingue l’UD de la ZLE. Le TEC  (Tarif Extérieur Commun) est un ensemble de mesures tarifaires décidé en commun par un groupe de pays constitués en UD et applicable au Etats non membres dans ce cas le certificat d’origine n’est pas exigible car tout produit d’importation est soumis aux même règles dans l’ensemble de l’union.

Exemple : L’UEMOA (2000), l’UD entre la Turquie et l’UE

  • Le MC : c’est une UD avec libre circulation des facteurs de production. au sein du marché commun les Etats membre s’engage à assurer la libre circulation des marchandises, des personnes notamment  des personnes et des capitaux.

Exemple : le COMESA (Marche commun des Etat de l’Afrique), le MERCOSUD (Marché Commun du Sud).

  • l’UE : c’est un marché commun marqué par l’harmonisation des politiques économiques des Etats membres. Dans ce cas la souveraineté économique national des Etats est transférée à une autorité centrale.

Exemple : l’UE l’union européenne qui est l’expérience d’intégration la plus achevée au monde

  • L’UP: correspond à l’unification des politiques monétaires, fiscales, sociales et anticycliques. Selon Balassa c’est l’étape suprême de l’intégration, les Etat membres se transformant juridiquement en pays unis  sous la tutelle d’une autorité supranational. A ce jour il n’existe pas d’accords assez poussés.

Conclusion :

Cette classification linéaire et centré sur l’expérience de l’UE établit par Balassa se destine à rendre compte des différentes étapes du processus d’intégration.

 

 C/ La classification de Maurice ALLAIS (1972) :

Il distingue 6 formes d’intégrations et considère que le processus commence par la mise en place de tarif préférentielle

  • Le système des tarifs préférentiels : C’est une zone d’échange préférentielle qui lève les obstacles au commerce inter régional pour certains produits
  • La zone de Libre Echange (ZLE)
  • L’UD
  • Le MC
  • L’UE
  • L’Union des Marchés Nationaux correspond, à aller à l’étape suprême de l’intégration

La différence en apparence mineur entre les définitions  proposée par Balassa et par Allais est en réalité profondes.

Par exemple selon le schéma de Allais les APE entre l’UE et les ACP pourraient être considérés comme une forme d’intégration (ZEP), alors que pour Balassa il s’agirait plutôt d’un simple accord de coopération bilatérale Nord / Sud.

Au final les analystes soutiennent que les formes d’intégration proposées par Balassa et Allais sont des moyens d’atteindre l’intégration (étape ultime). Autrement dit ces instruments politico juridiques ne peuvent pas être assimilé à l’intégration elle-même ni dans le temps, ni dans l’espace. En effet l’existence d’un instrument d’intégration comme la ZLE ou même l’UD ne signifie pas forcément que le niveau d’intégration réel d’un bloc de pays soit nécessairement supérieur à celui entre ces étapes unifiées.

Conclusion

Les premières expériences africaines d’intégration économique étaient inspirées des modèles européens. Cette démarche avait fait l’objet de vive critique de la part de certains analystes africains qui la jugeaient inadaptée à la situation du continent où l’intégration  physique des pays n’était pas encore réalisée ou effective.

De l’avis de ces analystes cette stratégie revenait à mettre la charrue avant les bœufs. De nos jours ces critiques qui paraient tout à fait fondés sont pourtant piétinées car on encourage encore la continuité, le renforcement d’une stratégie qui jusqu’ici n’a conduit qu’à l’échec.

 

Section2 / LES FONDEMENT  THEORIQUES ET HISTORIQUE DE L’INTEGRATION

I / Les concepts théoriques de l’intégration

A / La conception volontariste de l’intégration : Viner (1950), LIPSEY (1957), Krauss (1971).

Jacob VINER et la théorie des unions douanières :

La formulation traditionnelle de la théorie des unions douanières se trouve dans les travaux précurseurs de VINER (1950), de LIPSEY (1957) et de KRAUSS (1971).

En utilisant une analyse d’équilibre statique partielle, VINER démontre pour la première fois que les unions douanières ne sont pas nécessairement bénéfiques pour le commerce international. Dans son célèbre ouvrage « la théorie des unions douanières » publié en 1950, VINER analyse les unions douanières en opposant les effets d’augmentations  (ou de création de commerce) aux effets de détournement de commerce. Selon l’auteur, les zones d’intégration similaires conduisent à des allocations non optimales.

L’effet de détournement l’emporte sur l’effet d’augmentation de commerce.

Selon la conception volontaire, l’intégration régionale est un processus de   déconnexion du système productif des prix mondiaux se destinant à protéger l’économie de la mondialisation.

Le cadre d’analyse est celui des sociétés dépendantes, extraverties désarticulées et donc incapables de construire leurs industries dans un cadre national.

Objectif : l’intégration régionale vise à réduire l’extraversion à accroître les capacités de coalition, à créer de vastes marchés et à compenser les déséquilibres socio-économiques.

Principaux instruments :

Les principaux instruments préconisés renvoient à l’économie administrative, à la forte protection des industries régionales et à la mise en œuvre de projet ayant des effets de polarisation. Cette conception a été longtemps défendue  par les organisations du Sud comme le CEPAL (Commission Economique des Nations Unies Pour l’Amérique Latine) et la  CEA (Comité  Economique des Nations Unies pour l’Afrique).

B / La conception libérale de l’intégration par le marché et la théorie néoclassique.

Selon la conception libérale, intégrer c’est réduire les distorsions des politiques nationales et déplacer les frontières nationales en se rapprochant du marché international. D’un point de vue commercial les libéraux distinguent l’approche statique de l’intégration régionale de l’approche dynamique pour s’interroger, pour savoir si l’union douanière assimilée à une forme d’intégration conduit à un optimum mondial.

  • L’approche statique : met en relief les effets de création et de détournement de commerce et l’optimum de second rang.
  • L’optimum de second rang : tient compte de certains éléments et hypothèses négligés dans l’optimum de PARETO (optimum de 1er rang) comme par exemple : effet d’externalisation, concurrence imparfaite.
  • L’approche dynamique : met en relief la concurrence, les économies d’échelles et les variations des termes d’échanges.

Au total la théorie néoclassique de l’intégration régionale s’accorde sur un optimum mondial et s’intègre pour savoir si l’union douanière nous rapproche de cet optimum.

A cet effet la théorie de l’optimum de second rang vient enrichir la réflexion initiale se rapprochant à l’optimum de Pareto.     

C / Les approches contemporaine de l’intégration régionales

Les mécanismes d’intégration régionale actuelle vont bien au delà de l’approche commerciale alors privilégié par les conceptions traditionnelles.

  • La dimension institutionnelle

L’approche institutionnelle considère l’intégration régionale comme la mise en place d’un système de règles communes instituées par les pouvoirs publiques en relation avec les acteurs privés. En stabilisant et en sécurisant l’environnement, ces règles applicables à l’ensemble des Etats membres d’une zone intégrée se destinent à renforcer la crédibilité de la région. A ce propos l’encrage des mesures de politiques et la stratégie déployée par l’approche institutionnelle de l’intégration pour réduire les risques de réversibilité et favorise l’attractivité des capitaux  et les technologies dans l’espace régionale. Comparativement aux réformes économiques unilatérales caractérisées essentiellement par des risques de discontinuités temporelles et des asymétries informationnelles, les réformes régionales peuvent contribuer à réduire les risques de réversibilités et donc à promouvoir l’initiation de règles permettant la décision, à long terme, des investisseurs.

  • La dimension  productive

L’intégration productive est la mise en place par les Etats des relations,  des projets sectoriels communs et des réseaux transnationaux dans un cadre régional.

 D/ L’approche firmes réseaux

Cette approche régionale, se réalise dans un univers de concurrence imparfait en référence aux hypothèses modernes du commerce international et  d’espaces non homogènes sur la base de flux financier d’investissement direct ou de portefeuille.

  • Exemple d’organisation de la production sous forme de réseaux dans la filière électronique : le réseau des industries de pointe sises dans la Sillicom Valley en Californie au Etats Unis qui permet aux firmes d’origines diverses qui y sont implantés de bénéficier d’économies d’échelle externes imputables à la performance du secteur.
  • Exemple de firmes réseaux dans le domaine du textile et de l’habillement : NIKE qui est un réseau d’entreprises qui recourt essentiellement à la sous-traitance et qui dispose de centrales d’achats transnationales, de la distribution de masse un peu partout (en Allemagne, en France, en Asie, en Afrique, au Maghreb, Madagascar…)

Les investissements directs au sein des zones structurent les échanges régionaux sous forme d’échanges intra branches ou d’échange de biens et  services complémentaires au sein de filières régionales.

  • Exemple : les IDE qui se destinent aux pays de l’ANASE (Association  des Nations de l’Asie du Sud Est), s’orientent essentiellement vers le textile l’électroménager et l’électronique, à des fins de réexportation vers le Japon 

E/ L’approche sectorielles

 Elle s’appuie  sur des projets initiés par les Etats qui ont des intérêts convergents

  • Exemple de projet sectoriels relatif à l’exploitation de ressources communes : L’ OMVS qui regroupe la Guinée, la Mauritanie le Mali le Sénégal et qui visent comme objectif principale de réduire la vulnérabilité des économies des Etats membres face aux aléas climatiques et aux chocs externes 
  • Exemple : le projet sectoriel initié dans le cadre de la lutte contre la désertification ou la protection de l’environnement : Le CILSS qui a lancé en mars 2009 l’initiative de la grande muraille verte du Sahara et du Sahel.

F/ La dimension territoriales

L’approche spatiale de l’intégration se caractérise par des effets d’agglomérations et de polarisations.

Les effets d’agglomérations : renvoie à des avantages liés à la concentration géographique des activités de production et à la réduction des distances.

Le rapprochement de territoires à travers la baisse des coûts de transports et de transactions et le transfère de technologie facilitant l’interconnexion des Etats sont générateurs d’effets d’agglomérations et conduisent à des effets de diffusion ou de contagion de la croissance. Toute fois la complémentarité des Etats est de mise pour que ceux-ci soient disposés à se constituer en agglomérations et donc à échanger entre eux. Se qui permet à l’espace intégré  de disposer d’un système productif diversifié et de contrôler une grande taille du marché.

Les infrastructures d’interconnexions physiques et transactionnelles et les TIC jouent un rôle déterminant dans l’objectif de la réduction des distances.

Les effets de polarisation (des pôles de développements) : par définition le concept de polarisation ajoute à l’attraction d’effets d’entraînement du pôle sur le développement de l’espace régionale.

Daprès les travaux de François PERROUX (1955) et de JR BOUDEVILLE (1972) le concept ainsi définit montre que des investissements sectoriels sélectifs sont susceptibles de créer des mécanismes multiplicateurs de croissance, dés lors il y’a d’autant plus de chances d’observer une polarisation  que les coûts des distances sont faibles et que les économies d’échelles sont fortes ce qui favorise une concentration de la production  industrielle là ou les marchés sont relativement importants, il peut en résulter des processus cumulatifs renforçant les écarts entre les centres et les périphéries par opposition aux pôles régionaux.

Le renforcement de l’Etat fait qu’aujourd’hui le terme est fréquemment employer par d’autres disciplines pour rendre compte d’une aggravation des contrastes sociaux au sein d’une entité.

Exemple : A ce propos les divergences croissantes entre l’Europe et l’Afrique ou à l’intérieur de l’Afrique entre les pôles ou les centres et les périphéries peuvent s’expliquer par le jeu des forces centripètes qui s’articulent autour des effets d’agglomérations et du capital spatial et qui font que des activités génératrices d’économies d’échelles sont essentiellement contrôlées par l’Europe.

G/ La dimension politique

Selon la conception diplomatique, l’intégration régionale se traduit essentiellement par des transfères de souverainetés internationales. Les réconciliations post guerre, les négociations préventives et curatives des conflits et les modifications des rapports de forces sont au cœur du processus d’intégration. Les interdépendances économiques, le dialogue et les convergences d’intérêts sont une manière de contourner et ou de neutraliser les rivalités économiques.

Au total même si à travers l’approche diplomatique les regroupements régionaux permettent de prévenir et de réguler les conflits, il n’en demeure pas moins que dans les pays en développement ceux-ci se destinent généralement à modifier les rapports de forces   dans les négociations internationales.

  • Exemple : L’ANASE très peu institutionnalisée, n’adopte une dimension politique que dans le cadre de ses relations avec l’extérieur. Si initialement il s’agissait de s’ériger contre le communisme, il s’agit désormais de constituer un contre poids aux puissances, chinoise et Japonaise.

 

II / les fondements historiques de l’intégration  en Afrique

Sur le plan historique deux courants idéologiques ont dominé les débats politiques  et les tentatives de regroupements concernant l’intégration et l’unité africaine : le panafricanisme et la négritude

  A / Le panafricanisme : Le dogme de l’unification politique de l’Afrique noire à partir de la théorie de l’unité culturelle.

L’auto détermination est au cœur de l’ambitieux projet politique mise en œuvre par les partisans du panafricanisme pour l’effectivité de l’intégration africaine. Dans son livre intitulé « Africa must unite », le leader politique indépendantiste Ghanéen et artisan du panafricanisme Kwamé NKrumah, préconisait la réalisation de l’unité africaine par la formation des Etats Unis d’Afrique. Son idée a donné lieu à de nombreux débats qui n’ont pu hélas aboutir qu’à la création de l’Organisation de l’Unité Africaine de 1963. Pour Krumah le panafricanisme doit bannir les frontières et limites coloniales voulues par la balkanisation de l’Afrique et les différences s’appuyant sur les particularismes linguistiques et ethniques. Le chef de fil du panafricanisme est sans contestation aucune l’historien et anthropologue Sénégalais Cheikh Anta DIOP  pour ce dernier et ses disciples « il suffirait de démontrer l’unité culturelle de l’Afrique noire pour que l’unification politique en d’écoule d’elle-même ». Cette unité se concrétiserait dans une sorte d’Etat fédéral qui serait un Etat composé d’un regroupement de plusieurs pays jouissant d’une souveraineté intérieure qu’ils partagent avec l’ensembles des Etat membres et détenant seul la souveraineté extérieure, doté d’un territoire (le continent Africain), disposant de sujet (les Africains) et disposant d’un gouvernement et d’une administration propre (une autorité centrale).

L’Etape la plus achevée de cette forme d’Etat fédéral sera atteinte lorsque les gouvernements africains membres remettront leurs compétences internationales entre les mains d’une autorité fédérale.

C’est dire que toute l’œuvre de Cheikh Anta, se présente comme une forte volonté de réhabilitation de la culture noire en générale et singulièrement africaine face à la thèse nihiliste européenne, qui professé l’antériorité de l’Afrique noire.

L’unité culturelle de l’Afrique noire établit au tour de la Nubie (disparue) et de l’Egypte pharaonique noire démontre l’antériorité de l’Afrique et du monde noire sur les autres civilisations.

  Conclusion :

Selon les partisans du panafricanisme la renaissance africaine impliquera la restauration de la conscience historique.

B / LA NEGRITUDE Le dogme de l’unification politique noire à partir de la théorie de l’africanité.

La négritude est née de la rencontre à Paris entre les Sénégalais Léopold Sédar Senghor (1906-2001) Birago DIOP (1906-1989), le Guyanais Léon Gontran Damas (1912-1978) et le martiniquais Aimé Césaire (1913-2008).

La négritude se définit comme l’ensembles des valeurs culturelles du monde noire telles quelles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des noires introduites par Césaire, Senghor approfondira le concept de négritude en le définissant ainsi : « la négritude est la simple reconnaissance du faite d’être noire et l’acceptation de ce fait de notre destin de noire, de notre histoire et de notre culture ».

Utilisé pour dénoncer la balkanisation de l’Afrique, Senghor soutient que la négritude est définit par trois ressources essentielles de l’Art noire il s’agit de :

  • l’image qui est symbolique
  • la mélodie qui est polyphonique (musique, chansons)
  • le rythme fait de parallélisme asymétrique (danse)

A un niveau supérieur l’africanité devient la résultante ou plus exactement la symbiose complémentaire des valeurs arabes et noires. L’africanité est donc un ensemble de valeurs communes aux africains du continent et a leur descendant à l’échelle planétaire. Elle fut d’abord un mouvement d’identification à l’Afrique avant d’évoluer pour devenir encore un mouvement de retour en Afrique.

Elle est désormais considérée comme un mouvement universaliste car Senghor a milité en faveur de l’intégration de toutes les cultures africaines en vue d’arriver à la création d’une civilisation de l’universel. Cette universalité doit être comprise comme la somme de tous les accords et de tous les apports des civilisations existantes.

La méthode Senghor de l’intégration est un entonnoir à trois filtres :

  • la première étape fait l’inventaire et la rétrospective des différentes cultures afin d’en découvrir les apports respectifs à l’humanité.
  • la seconde étape consiste à définir sur la base des contributions respective identifiées, des sous ensembles caractérisés par un néologisme conceptuel construit sur les suffixes en ITE (pour les africains de la diaspora on utilise le  concept de « francité »)  et en ITU (les berbère = berbèritu).
  • la troisième et dernière étape est une symbiotique des sous ensemble selon leur interactions et leur inter relations culturelles et consacre la démonstration du métissage culturelle comme loi fondamentale de la civilisation universelle.

En définitive le panafricanisme et la négritude prône l’unité politique de l’Afrique  noire sur la base respectivement de l’unité et de la symbiose culturelle. A l’instrument culturel est donc assignée une finalité politique.

Les partisans de ses deux approches soutiennent que l’Afrique est une et doit s’unir.

La philosophie de ses deux pensées est résumée par l’auteur Camerounais EMANGA « tous les peuples de ce continent sont au fond les mêmes, ils ont subit les mêmes exactions du colonialisme et ils subissent encore le même néocolonialisme sans parler de la traite des populations Africaines. C’est l’idée que les peuple d’Afrique ont une lutte commune à mener contre un ennemie commun qui les domine et les exploite : il s’agit de l’impérialisme, ils doivent mener cette lutte dans l’unité, il y’a une profonde unité culturelle de l’Afrique et par conséquent une communauté de desseins  des peuples Africains ».

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ABOU SECK
Etudiant
UCAD
Dakar ( Sénégal )
Ajouté le 14/05/2015 à 10h02min55s

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